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Briser les prisons mentales et conceptuelles sur le chemin

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Briser les prisons mentales et conceptuelles sur le chemin

 

L’évolution spirituelle n’est pas conceptuelle et n’est liée à aucun développement d’un processus de pensée plus avancé ou d’une approche conditionnelle de la vie. L’amélioration, personnelle où l’on apprend à vivre de manière plus équilibrée et harmonieuse dans cette réalité (le monde projeté) est une chose, mais dépasser complètement cette perception nécessite un processus complètement différent.

Quand on s’intéresse à la spiritualité, il est courant de tomber dans le piège de simplement retravailler ses concepts mentaux autour d’un nouveau cadre spirituel. Ainsi, on commence à construire une certaine image mentale de ce qu’est la spiritualité, de ce qu’est l’illumination, de ce que sont l’illusion et l’ignorance, etc. On peut même projeter toute une trajectoire linéaire future pour son chemin spirituel: « J’ai besoin d’un gourou pour que l’illumination se produise; Je dois éveiller ma kundalini; J’ai besoin d’une transmission de Shaktipat; etc.» Cependant de telles pensées sont des idées, des rêves et des spéculations basé essentiellement sur des ouï-dire, des hallucinations et une pseudo-connaissance livresque sans fondement.

Même les adeptes qui sont sur le chemin depuis un certain temps et qui se sont raffinés dans une certaine mesure peuvent encore nourrir certaines idées sclérosantes ou enfermantes sur le chemin spirituel. De nombreuses personnes écrivent sur la spiritualité mais cela ne signifie pas que la spiritualité doive se confiner seulement aux mots ou aux idées. Certains êtres ont choisi l’écrit comme moyen de s’exprimer spontanément et de transmettre des connaissances mais de tels textes n’ont pas besoin d’être mémorisés ou étudiés. Ils doivent simplement être ressentis et perçus par le cœur. Par contre, sur le plan intellectuel, ils doivent être oubliés et lâchés. Une grande partie de la corruption et de la distorsion est venue et provient d’êtres lisant des écritures ou des écrits en supposant que c’est cette information écrite elle-même qui est le point crucial de l’enseignement spirituel. De ce fait, des traductions, de nouveaux textes ont été écrits et des interprétations ont été faites mais tout ceci n’était pas basé sur une expérience réelle mais plutôt sur des mots arides, exempts de transmission eux-mêmes. A l’heure actuelle, il y a des centaines de milliers de livres qui prétendent parler de spiritualité, et il est vrai qu’ils le font très bien: ils parlent, spéculent et bavardent sur ce qu’est et ce que n’est pas la spiritualité.

On bavarde au sujet de la spiritualité comme les poissons bavarderaient sur ce qu’est la vie hors de l’eau. Mais l’un des plus grands défis de cette époque, même pour les chercheurs sincères, est de dépasser ce marécage d’idées spirituelles et d’idées préconçues basées sur la spéculation ou la projection plutôt que sur l’expérience réelle.

En fait, moins on a de concepts et d’idées sur la spiritualité quand on arrive sur le chemin, mieux c’est. Une grande quantité de travail consiste simplement à sortir des boîtes de la pensée conditionnée sclérosante. Quand on est coincé dans des concepts, on ne peut jamais vraiment expérimenter quoi que ce soit tel que cela est. Même si on fait l’expérience de quelque chose de réel, il est très probable que cette expérience soit instantanément soigneusement replacée dans sa boîte conceptuelle « appropriée ».  La conclusion devient alors: « J’ai vécu telle expérience et je sais que cette expérience mène généralement à cela » ou « Maintenant, grâce à cette expérience, je suis arrivé(e) à ce point dans mon voyage spirituel. » Cependant, en réalité, il n’y a ni niveaux, ni catégories d’expérience spirituelle. La vraie spiritualité est au-delà des expériences éphémères conditionnelles et au-delà du flux causal de l’expérience terrestre projetée.

L’un des plus grands pièges sur le chemin est de transformer la spiritualité en une autre «chose». Inscrire sa spiritualité dans un cadre conceptuel revient à vivre dans une prison puis à construire une autre prison autour de la précédente. Non seulement il faudra abattre les murs de la première prison, mais on sera également détenu dans la prison de la fausse spiritualité et d’un ego spirituel nouvellement construit qui se trouve quelque part dans une hiérarchie de «  personnes spirituelles  » avec certains niveaux relatifs à des expériences spirituelles variées ou des «réalisations». Tragiquement, cette prison supplémentaire que l’on peut construire n’est souvent pas conscientisée et il est parfois très utile d’avoir un regard extérieur qui vienne pointé le fait que nous puissions encore être profondément enracinés à la fois dans la prison intérieure de la victimisation, de traumatismes émotionnels non digérés et non raffinés, de la comparaison, du narcissisme, etc. Cet enfermement dans l’illusion peut également être renforcé par un « guide » extérieur qui nous enseigne que « Tout est déjà là », « Tout est parfait » puisque nous sommes déjà « Un avec le Tout » et que « n’étant rien et personne » nous sommes déjà au-delà de ce genre de problèmes et qu’il suffit de « demeurer dans la non-dualité » .

Il est vrai que la connaissance spirituelle émerge de l’espace sans concept, non duel qu’est l’Etre béat et équanime. Quand on touche à cet espace pour la première fois consciemment, c’est ce qu’on peut appeler l’Eveil. Mais si toucher cet espace ne permet pas de discerner ce qui est faux et trouble au sein de notre propre perception, à quoi cela sert-il? Il n’y a aucune garantie qu’un éveil furtif mène au raffinement ou même à la désillusion. L’éveil peut parfois conduire à une reconstitution massive d’une perception de soi limitée autour d’un nouveau noyau de spiritualité conceptuelle non vivante. L’un des rôles réels d’un enseignant ou d’un maître spirituel est de prévenir le disciple d’une éventuelle reconstruction de murs d’une prison perceptuelle et conceptuelle limitée. Avec l’aide de l’enseignant, il sera beaucoup plus difficile de construire une nouvelle forteresse d’illusion si l’on interagit régulièrement et sincèrement avec lui. Le véritable enseignant dissipe la perception limitée que l’on a de soi et dissout l’ignorance de tout ce qui se trouve dans son espace de conscience et cela inclut le mental-ego de celui avec qui il communique. C’est pourquoi on dit que le vrai maître ne donne rien de spécial: il aide à voir et reconnaître ce que l’on est déjà, tout en montrant ce que l’on n’est pas fondamentalement.

L’intégrité (honnêteté envers soi-même), l’absorption équanime et le contentement sont la même chose. On ne peut être honnête envers soi-même que lorsque l’on crée une distance ou un espace entre ce qui est et ce qui semble simplement être. La connaissance spirituelle, qui peut être exprimée à travers certains textes ou discours, fleurit à partir de la connaissance de ce que l’on est vraiment en essence – la Réalité naturelle et inconditionnelle. Lorsque cette perception pure rencontre la projection projetée apparente alors la connaissance de la façon dont cette projection apparente est créée, maintenue et détruite dans l’espace infini de la Réalité émerge naturellement. Cela et seulement cela peut être qualifié de véritable connaissance spirituelle. Cette connaissance contient toujours la semence pour éveiller cette reconnaissance plus en profondeur chez ceux qui résonnent avec elle et chez ceux qui ne souhaitent pas simplement s’accrocher à des mots de manière dogmatique. Une telle connaissance est vivante et spontanée, et qu’elle soit écrite ou parlée, elle circule constamment à travers et à partir de ces êtres qui réalisent, cultivent et perfectionnent leur essence immortelle inhérente.

~ Ti ~

 

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